Il n’y a plus de hannetons

Mes années lycée ont été marquées par un chanteur allemand que peu de gens connaissent ici. Frédérik Mey (de son vrai nom Reinhard Mey) était mon chouchou au même titre que Maxime Le Forestier.

Je n’avais de lui qu’un album 33 tours que j’ai écouté des milliers de fois, jusqu’à ce qu’un jour une copine à qui je l’avais prêté l’ait oublié sur un banc de la fac. J’avoue, même avec le sourire, lui en avoir vraiment beaucoup voulu. Depuis, j’ai pu racheter cet album en CD.

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Si j’ai adoré toutes les chansons de ce disque, celle que je fredonne encore souvent est Il n’y a plus de hannetons.

Chaque été je repense à ces insectes un peu lourdeaux qui tournaient au bas de notre immeuble quand j’étais petite et dont ne ne voyions plus les antennes d’un avec le temps qui passait.


En passant devant le superbe parking, je me souviens
De ces jardins de banlieue qui lui ont cédé le terrain.
Ma tante avait une maison, là où se trouve l‘entrée.
C‘était un petit pavillon au milieu des azalées.
Régulièrement, je piétinais son jardin au printemps,
Ce qui me valait quelques gifles aussi régulièrement.
Mais j‘y trouvais, quand revenait la saison des hannetons
Les plus rares spécimens pour completer ma collection.
Aujourd‘hui, je ferais en vain une telle expédition,
Et je rentrerais bredouille,
Sans les hannetons qui grouillent
Sur les feuilles de ma boîte de carton.
Il n‘y a plus de hannetons.
Quelquefois, le père Antoine venait juger mon butin.
Il était un grand expert en scarabés, je m‘en souviens.
Il disait que, dans sa jeunesse, ils étaient un vrai fléau,
Qu‘on ne comptait pas par pièces, qu‘on les comptait au kilo,
Qu‘il y avait des primes de capture et que, certains jours,
Pour chasser les hannetons, les enfants n‘avaient pas de cours.
Le récit de ses exploits m‘impressionnait profondément
Et avec mon carton sous le bras, je rentrais tristement.
Aujourd‘hui, je ferais en vain une telle expédition,
Et je rentrerais bredouille,
Sans les hannetons qui grouillent
Sur les feuilles de ma boîte de carton.
Il n‘y a plus de hannetons.
Tant de questions sont pressantes, mais j‘écris en conclusion,
Sur une feuille de hêtre, un réquiem pour hannetons.
Pourqoui dédaignent-ils le parking comme quartier d‘hiver,
Et même le vieux chêne ayant résisté aux bulldozers?
Si cela me préoccupe tant c‘est peut-être en raison
De tout ce que j‘ai appris jadis avec ces compagnons.
Et si leur départ m‘angoisse, c‘est peut-être que je crois
Que les hannetons ne nous précèdent que d‘un petit pas.
Aujourd‘hui, je partirais en vain pour une expédition,
Et je rentrerais bredouille
Sans les hannetons qui grouillent
Sur les feuilles de ma boîte de carton.
Il n‘y a plus de hannetons.

Quand nous sommes arrivés ici, Jacques s’est adonné au jardinage. A chaque coup de bêche, il tombait sur un gros ver blanc bien dodu qu’il donnait aux poules : les vers blancs sont les ennemis jurés des jardiniers dont ils ruinent tous les efforts en se nourrissant des racines de leurs plantations,

Chaque ver blanc dévoré était malheureusement un hanneton de moins.

Mais… la prévision de Frédérik Mey n’est pas tout à fait réalisée ! Ici à la campagne, il y a encore des hannetons !

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Il y a une quinzaine de jours, alors que j’admirais mes fleurs à la tombée de la nuit, je me suis sauvagement faite agresser par un hanneton qui s’est accroché dans mes cheveux. Croyant que c’était au moins un frelon, je me suis mise à hurler, troquant vite ma trouille contre la joie de revoir des hannetons. Parce que mon agresseur n’était pas tout seul.

Depuis, tous les soirs nous les voyons arriver dès que la nuit tombe.

Ils commencent par tourner autour du noisetier pour ensuite envahir le jardin.

C’est un vrai bonheur de les regarder voler en vrombissant, et c’est un petit rituel que je m’octroie le soir sur le banc devant la maison. Parfois, il y en a un qui se loupe et me tombe dessus.

Vendredi dernier, Clarisse a participé à la fête. Elle a découvert ces insectes et « Même pas peur ! »

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Elle courait dans le jardin, les bras en l’air pour essayer de les attraper. Elle riait, mais riait…

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Quand il a fait trop sombre et qu’il était temps de rentrer se coucher, elle a dit :

C’était trop bien les hannetons !

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Allez, on écoute Frédérik Mey avant de se quitter :

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Catherine

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6 commentaires pour Il n’y a plus de hannetons

  1. SophieH dit :

    Des hannetons, j’en ai eu plusieurs l’an dernier et à nouveau cette année. Cela m’a ramené à ma classe de collège lorsque nous avions appris le cycle de la vie sur 3 ans de ce gros insecte

    Aimé par 1 personne

  2. Piroshka dit :

    Original ! Les hannetons c´est utile ! Ce chanteur je ne le connais pas.!.

    Aimé par 1 personne

  3. MissParker dit :

    J’en ai chez moi aussi !
    Là, nous regardions l’éclipse.
    Douce nuit Catherine, bisous, câlins à la Meute

    Aimé par 1 personne

  4. zazaloustick dit :

    Vive les hannetons

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  5. zazaloustick dit :

    Vive les hannetons 🤗😘

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